Libreville, le 18 Décembre 2025 | Temps de lecture 2 min
Le Gabon importe chaque année entre 55 000 et 65 000 tonnes de poulet de chair, alors que la production nationale plafonne à environ 4 000 tonnes. Cette situation pèse lourdement sur la balance commerciale et freine le développement d’une filière avicole locale capable de répondre à la demande des ménages.
Le cap de l’autosuffisance fixé pour 2027
Face à ce déséquilibre, les autorités gabonaises ont décidé d’agir. Le gouvernement a annoncé un moratoire sur les importations de poulet de chair à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Cette mesure vise à stimuler la production locale et à encourager les investissements dans l’agriculture et l’élevage.
La Chine propose son expertise agricole
Dans ce contexte, une délégation de l’Association des agriculteurs de Chine s’est rendue au Gabon pour présenter des solutions techniques et économiques. Leur démarche s’inscrit dans la vision des plus hautes autorités gabonaises, qui placent la souveraineté alimentaire au cœur des priorités nationales.
Un déficit de production encore abyssal
Avec une population estimée à 2,6 millions d’habitants, chaque Gabonais consomme en moyenne près de 38,5 kg de viande de volaille par an. Or, la production nationale ne couvre qu’une faible part de cette demande. Le pays accuse ainsi un déficit compris entre 51 000 et 61 000 tonnes par an, un écart que les autorités souhaitent combler avant l’entrée en vigueur de l’interdiction des importations.
La Chine, un modèle avicole de référence
Premier producteur mondial de volaille, la Chine produit chaque année plusieurs dizaines de millions de tonnes de poulet. Son agriculture repose sur des techniques modernes, une organisation intégrée de la chaîne de valeur et une forte capacité d’exportation. Autant d’éléments qui intéressent les acteurs gabonais à la recherche de modèles efficaces et éprouvés.
Six leviers techniques pour structurer la filière
Lors de son audience avec le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural par intérim, Mark-Alexandre Doumba, la délégation chinoise a présenté six axes prioritaires. Elle mise d’abord sur la formation de 40 000 professionnels gabonais dans l’aviculture. Elle propose ensuite le transfert de techniques agricoles modernes pour améliorer les rendements et réduire les coûts.
Les experts chinois encouragent également le développement de systèmes intégrés reliant l’élevage, la production de fourrage et la transformation. Ils préconisent une approche basée sur les petites exploitations, soutenues par des plateformes de services agricoles. Le renforcement des infrastructures rurales et l’investissement dans la recherche appliquée complètent ce dispositif.
Des solutions confrontées aux réalités locales
Malgré leur pertinence, ces propositions soulèvent plusieurs interrogations. Les agriculteurs devront adapter ces technologies aux conditions climatiques du pays, marquées par une forte humidité et des sols souvent pauvres. La question du financement des équipements et celle des infrastructures de transformation restent également centrales.
Une volonté politique affirmée
Pour accompagner cette transition, le gouvernement multiplie les forums, séminaires et rencontres bilatérales. Les autorités entendent créer un cadre favorable à l’investissement et à la montée en puissance de la filière avicole locale, en s’appuyant sur des partenariats techniques internationaux.
Une opportunité à transformer en résultats
Les solutions agricoles chinoises offrent au Gabon une opportunité réelle de réduire sa dépendance aux importations de poulet. Mais leur succès dépendra de leur adaptation au contexte local et de leur mise en œuvre concrète sur le terrain. À deux ans de l’échéance de 2027, le défi est désormais de passer des intentions aux résultats.
Par la Rédaction



