Libreville, 16 janvier 2026 par Chifre.info
Le président de la Transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé la mobilisation de plus de 2,7 milliards de francs CFA en faveur des fermes avicoles locales, dans un contexte de recherche d’autosuffisance alimentaire et de réduction de la dépendance aux importations.
Cette annonce a été faite à l’issue d’une visite de plusieurs exploitations avicoles situées dans la province de l’Estuaire, notamment BTF Farming, Ethia et Frères, Rogers, AGRIVERT, JRO Farmers et la Société Meunière et Avicole du Gabon (SMAG). Le chef de l’État a ainsi voulu mesurer, sur le terrain, la capacité réelle du secteur à absorber des financements publics et à monter en puissance.

Un soutien financier ciblé via la BCEG
Le plan de soutien repose sur des financements accordés par la Banque de l’Économie et de la Croissance (BCEG). Chaque exploitant éligible pourrait bénéficier d’un appui compris entre 250 et 400 millions de francs CFA, pour une enveloppe globale estimée à 2,7 milliards, avec un taux d’intérêt de 4 % et une durée de remboursement d’un an.
Selon la présidence, cet effort vise à moderniser les outils de production, améliorer la productivité et structurer une filière encore fragile, marquée par une forte concurrence des produits importés.

Réduire les importations, sécuriser l’approvisionnement
Le Gabon importe encore une large part de sa consommation de volaille, principalement d’Europe et du Brésil. Les autorités affichent désormais l’objectif d’une interdiction progressive des importations de poulet de chair à l’horizon 2027, conditionnée à la capacité des producteurs locaux à couvrir la demande nationale.
Le gouvernement voit dans le développement de l’aviculture un double levier : sécuriser l’approvisionnement alimentaire et créer des emplois, notamment en zone périurbaine et rurale.
Un pari économique sous surveillance
Si les professionnels du secteur saluent l’annonce d’un accès facilité au financement, certains observateurs soulignent les défis persistants : coût de l’alimentation animale, dépendance aux intrants importés, logistique, énergie et formation de la main-d’œuvre.
L’efficacité de ce plan dépendra donc de sa mise en œuvre et de la capacité des exploitations à atteindre rapidement des volumes compétitifs. Pour les autorités, il s’agit d’un test grandeur nature de la stratégie de diversification économique engagée depuis le début de la transition.



