Libreville, 17 janvier 2026 par Chifre.info
Réunis en assemblée générale ce samedi au quartier Awéndjé, dans le 4ᵉ arrondissement de Libreville, des enseignants, mobilisés à l’appel d’une faction du Collectif SOS Éducation, ont décidé, à une écrasante majorité, de poursuivre le mouvement de grève qui paralyse l’école gabonaise depuis maintenant deux semaines.
Cette frange du collectif, qui revendique la légitimité et le soutien de plusieurs syndicats majeurs du secteur, dont le SENA (Syndicat de l’Éducation nationale), estime que les réponses apportées jusqu’ici par les pouvoirs publics restent largement insuffisantes.
« Tout ou rien » : une base syndicale inflexible
Le slogan « Cette fois-ci, c’est tout ou rien » a résonné à plusieurs reprises lors des prises de parole. Les enseignants ont unanimement jugé insuffisantes les avancées annoncées par la Commission interministérielle de crise, qualifiées d’effets d’annonce sans impact réel sur leurs conditions de vie et de travail.
Dénonçant des pressions, intimidations et tentatives de division, la « base » syndicale a clairement réaffirmé ses exigences : aucune reprise des cours ne sera envisagée sans le traitement intégral du cahier des charges.
Accusations de trahison et rejet des négociations actuelles
Très remonté, Marcel Libama, leader syndical et figure influente de SOS Éducation, a exprimé la colère des enseignants :« Nous faisons face aux menaces, mais nous ne céderons pas. Il n’y a eu aucune négociation. Ceux qui ont été envoyés nous ont trahis. Ils ont utilisé le nom de SOS Éducation pour se rendre au Palais présidentiel. Nous ne voulons plus de discussions stériles. Nous voulons des résultats concrets : No money, No school. »
Dans la même veine, Simon Ndong Edzo, enseignant retraité et vétéran du mouvement syndical, a appelé à la radicalisation de la mobilisation : « C’est toujours la même danse, seule la chanson change. Cette fois-ci, c’est tout ou rien. Enseignants, secouez le cocotier : si le coco ne tombe pas, nous changerons de stratégie. »
Manifestations annoncées, aucune reprise des cours lundi
À l’issue de cette assemblée générale, SOS Éducation a annoncé une série d’actions de sensibilisation et de pression à l’endroit des décideurs politiques. Des manifestations sont prévues dès la semaine prochaine, afin de maintenir la pression sur l’État. Conséquence immédiate : aucune reprise des cours n’est envisagée pour ce lundi 19 janvier 2026, sur l’ensemble du territoire national.
Des revendications anciennes, une crise de confiance persistante
Les revendications des enseignants portent principalement sur : la régularisation des situations administratives en souffrance depuis plusieurs années ; le paiement intégral des rappels de solde ; l’amélioration des conditions de travail, dans des établissements souvent surchargés et sous-équipés.
Mais au-delà des aspects salariaux et corporatistes, ce mouvement met en lumière une crise de confiance profonde entre l’État et les enseignants, dans un contexte où la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, reste sous forte pression face à une contestation qui ne faiblit pas.



