Gabon : SOS Éducation conditionne la reprise des cours

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Libreville, 24 janvier 2026 – Chifre.info

La tension demeure vive au sein de l’éducation nationale gabonaise. Malgré la signature récente d’un protocole d’accord présenté par les autorités comme une étape décisive vers la sortie de crise, les enseignants du collectif SOS Éducation ont décidé de maintenir la grève. Réunis ce samedi 24 janvier 2026 en assemblée générale au stade de Sibang, à Libreville, ils ont subordonné toute reprise des cours à la libération immédiate de leurs responsables syndicaux, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo.

Cette position tranche nettement avec l’annonce du ministère de l’Éducation nationale, qui tablait sur une reprise des enseignements à compter du lundi 26 janvier. Sur le terrain, cependant, la défiance l’emporte. Le protocole d’accord signé avec certaines organisations syndicales, dont SOS Éducation, le Syndicat de l’Éducation nationale (SENA) et le SYNETECHPRO, est largement contesté par la base enseignante, qui en récuse tant la méthode que le contenu.

Présent à la rencontre, le médiateur désigné par le président de la République, le député d’Akanda Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a tenté de relancer le dialogue en proposant la désignation de neuf représentants chargés d’engager de nouvelles discussions avec le gouvernement. Une initiative accueillie avec prudence par les enseignants, soucieux d’obtenir des garanties substantielles avant toute reprise des négociations. « Le protocole qui circule aujourd’hui ne correspond ni à nos attentes ni à nos revendications », a affirmé Honorine Angue Mintsa Ondo, membre du collectif SOS Éducation, dénonçant un texte élaboré, selon elle, « en dehors de la volonté réelle des enseignants ».

Dans ce contexte, les responsables syndicaux se montrent inflexibles. Par solidarité avec leurs collègues incarcérés, ils excluent toute reprise des cours tant que Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ne seront pas remis en liberté. Une ligne dure qui prolonge l’incertitude autour du calendrier scolaire et accentue la pression sur les autorités. Alors que l’exécutif entendait tourner la page de cette crise sociale, la contestation persiste, révélant la profondeur du malaise au sein du système éducatif gabonais. La sortie de crise apparaît désormais conditionnée à un geste politique fort, seul à même de restaurer la confiance et de relancer un dialogue aujourd’hui fragilisé.

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