Gabon : quand le prix de douane freine l’initiative entrepreneuriale

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Libreville, 5 Février 2026 – Chifre.info

Au Gabon, les discours officiels en faveur de l’entrepreneuriat se heurtent à une réalité économique contraignante : le poids des frais de douane, parfois plus élevés que le prix d’achat des marchandises importées.

Illustration concrète : un appareil acquis à 30 000 francs CFA peut être récupéré après paiement de 90 000 francs CFA de frais douaniers, soit trois fois son coût initial. Une situation qui interroge sur la cohérence du dispositif fiscal et douanier, dans un pays où le marché reste étroit et le pouvoir d’achat limité.

Pour les entrepreneurs, notamment les petites et moyennes entreprises, ces charges représentent un obstacle majeur. Les coûts d’importation élevés réduisent considérablement les marges, contraignant souvent les opérateurs économiques à augmenter les prix de vente ou à renoncer à certaines activités. Résultat : une compétitivité affaiblie et un ralentissement de l’initiative privée.

Conséquence directe : des projets d’entreprise n’ont jamais vu le jour. Des commerces n’ont pas ouvert, des investissements ont été perdus et des emplois potentiels n’ont pas été créés, simplement parce que leurs promoteurs n’ont pas pu récupérer leurs marchandises à l’arrivée.

Dans un contexte de transition économique et de volonté affichée de diversification, la réglementation douanière apparaît peu adaptée à la fragilité du tissu entrepreneurial local. Les acteurs du secteur estiment que les droits et taxes devraient rester proportionnés à la valeur des marchandises, en particulier pour les équipements de travail et les produits destinés à la revente.

Plus largement, cette situation relance le débat sur l’environnement des affaires au Gabon. Alléger certains frais, mieux cibler les exonérations et renforcer la transparence pourraient constituer des leviers pour soutenir réellement l’entrepreneuriat, moteur essentiel de la croissance et de l’emploi. À défaut de réformes, préviennent plusieurs opérateurs économiques, le risque est de décourager les initiatives locales et de renforcer l’informel, au détriment de l’économie nationale.

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