Libreville, 6 Mars 2026 – chifre.info
L’annonce d’un prochain concours d’entrée dans la Police nationale suscite à la fois espoir et interrogations. Invité de l’émission « Le gouvernement s’exprime » sur la chaîne publique Gabon 24, le ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité, Adrien Nguema Mba, a confirmé qu’un recrutement était envisagé pour renforcer les effectifs des forces de sécurité.
Selon le ministre, les effectifs actuels restent insuffisants pour assurer une couverture efficace des zones urbaines. « Nos forces de défense et de sécurité ne sont pas encore en nombre suffisant pour couvrir efficacement l’ensemble du territoire urbain », a-t-il déclaré, évoquant la nécessité d’augmenter les capacités opérationnelles face aux défis sécuritaires.
Cette annonce intervient toutefois dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, les autorités affirment que la fonction publique gabonaise a atteint un seuil de saturation en raison d’une masse salariale jugée trop élevée. Le gouvernement encourage ainsi les jeunes diplômés à se tourner davantage vers le secteur privé et l’entrepreneuriat.
Mais dans un pays où le chômage touche une part importante de la jeunesse – plus de 40 % selon certaines estimations de la Banque mondiale – les recrutements dans les forces de défense et de sécurité apparaissent comme l’un des rares débouchés proposés par l’État.
Pour certains observateurs, cette stratégie soulève une question de fond : s’agit-il uniquement d’une réponse aux besoins sécuritaires ou aussi d’un moyen d’absorber une partie du chômage des jeunes ? Si le renforcement des effectifs policiers est jugé nécessaire pour la sécurité publique, plusieurs analystes estiment qu’il ne saurait constituer, à lui seul, une politique durable de création d’emplois.
Entre impératif sécuritaire et contraintes budgétaires, le débat reste ouvert dans un pays où la question de l’emploi demeure l’un des principaux défis économiques et sociaux.



