Libreville, 22 Mai 2026 – CHIFRE.INFO
La tension foncière reste vive à Essassa, dans la périphérie de Libreville. Les actions menées par la Société nationale immobilière, Société nationale immobilière, sur le site opposant l’entreprise publique aux occupants de derrière Berthe et Jean pourraient être suspendues. C’est ce qui ressort des échanges engagés entre les représentants des populations concernées et les autorités judiciaires, à la suite d’une rencontre tenue mercredi dernier à la Médiature de la République.
Face aux autorités, les habitants ont exprimé leur volonté de voir leurs droits reconnus et protégés. Pour leur porte-parole, Simplice Ibouanga, il s’agit avant tout de « défendre nos droits face à la violence d’État ».
Le collectif affirme avoir saisi plusieurs hautes autorités du pays, notamment le vice-président de la République, le vice-président du gouvernement ainsi que les présidents des deux chambres du Parlement, afin d’obtenir une médiation dans ce conflit foncier qui perdure depuis plusieurs années.
Les occupants dénoncent des destructions importantes enregistrées sur le site : vergers ravagés, plantations détruites, tombes profanées, soubassements démolis et terrains morcelés. Ils accusent également la SNI de commercialiser des parcelles déjà acquises depuis plus de vingt ans par des particuliers auprès des populations autochtones.
Selon eux, jusqu’en 2020, la cohabitation était paisible après qu’une décision des autorités de l’époque leur avait permis d’exploiter cette zone à des fins agricoles et résidentielles, notamment après l’affectation d’une partie d’Essassa au développement de la ZERP de Nkok. Mais l’arrivée de la SNI, revendiquant un titre foncier sur la zone, aurait ravivé les tensions.
« Aujourd’hui, la SNI vend des terrains que d’autres Gabonais ont achetés depuis des décennies », dénoncent les membres du collectif, qui disent avoir cru au projet de régularisation foncière annoncé par le chef de l’État.
Les populations concernées s’interrogent également sur le silence du gouvernement face à cette situation. Pour elles, ces parcelles représentent un héritage essentiel destiné à leurs enfants. Elles accusent ainsi l’État, à travers la SNI, de vouloir déposséder des familles installées depuis longtemps à Essassa.
Les occupants de derrière Berthe et Jean appellent désormais les autorités compétentes, notamment la SNI et le ministère de l’Habitat, à respecter les engagements pris en faveur de la régularisation foncière et à privilégier le dialogue afin d’éviter une aggravation des tensions sociales dans cette localité.



