LIBREVILLE, 24 août 2026 – CHIFRE.INFO | 1 min de Lecture
Le collectif des populations de l’ancien quartier du dispensaire, à Okala, est monté au créneau ce lundi 24 août. Réunis pour un point de presse public, les riverains disent craindre une opération de démolition annoncée pour ce mardi 25 août.
Selon les responsables du collectif, cette opération intervient alors que plusieurs engagements auraient été pris lors de précédentes rencontres avec la gouverneure de l’Estuaire, Françoise Dikoumba. Les habitants affirment ne pas comprendre ce qu’ils qualifient de « revirement soudain », alors qu’un autre calendrier aurait été évoqué au cours des discussions.
Dans ce quartier, plusieurs dizaines de familles sont concernées. Certaines y vivent depuis plusieurs générations, selon les riverains. L’annonce d’une intervention imminente suscite donc une vive inquiétude, notamment à la veille de la rentrée scolaire.
Une annonce jugée tardive
Le porte-parole du collectif, Ekomie Edouard, déplore la manière dont les habitants auraient été informés de la situation.
« Nous sommes donc vraiment désolés de cette manière de procéder », a-t-il déclaré devant la presse.
La proximité de la rentrée scolaire constitue également une source d’angoisse pour les familles. Le collectif s’interroge sur les conséquences d’une éventuelle démolition sur les enfants scolarisés.
« Que vont faire les enfants ? », s’est interrogé Ekomie Edouard, rappelant que de nombreuses familles doivent déjà préparer la rentrée.
Un conflit foncier vieux de plus de trois mois
Le différend ne date pas d’hier. Selon le collectif, le dossier remonte à plus de trois mois, lorsque des agents de l’ANUTTC avaient procédé au marquage de plusieurs zones concernées, sans concertation préalable avec les habitants.
Face à cette situation, les populations avaient constitué un collectif de défense. Une rencontre avec les élus locaux avait ensuite été organisée à la demande du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Les représentants des habitants avaient alors exposé leurs doléances.
Pour les riverains, cette étape avait permis d’ouvrir un dialogue et laissait entrevoir une résolution concertée du conflit.
Le nouveau marquage ravive les tensions
Ces derniers jours, la tension serait toutefois remontée d’un cran. Alors qu’une nouvelle rencontre avec la gouverneure de l’Estuaire était attendue, les habitants affirment que des agents de l’ANUTTC sont revenus procéder à un nouveau marquage des terrains.
Un délai de trois jours aurait ensuite été accordé aux résidents.
« C’est le directeur général adjoint de l’ANUTTC qui nous a informés ce matin », a expliqué le porte-parole du collectif, qui dit ne pas comprendre les raisons de cette nouvelle orientation.
Le collectif réclame le respect des procédures
Au-delà de la menace de démolition, les habitants demandent surtout le respect des procédures prévues par la législation foncière gabonaise.
Le collectif affirme que certaines familles disposent de titres fonciers réguliers, tandis que d’autres auraient engagé des démarches auprès des services des Domaines et du Cadastre.
Les riverains réclament également que d’éventuelles mesures de déguerpissement soient accompagnées de dispositions conformes à la loi, notamment en matière d’indemnisation et d’accompagnement des familles concernées.
Un appel direct au chef de l’État
À Okala, les habitants espèrent désormais une intervention avant l’échéance annoncée de ce mardi 25 août. Ils disent vouloir défendre leurs habitations, leurs familles et leurs racines, tout en affirmant rester ouverts au dialogue.
Face à l’urgence, Ekomie Edouard a lancé un appel aux plus hautes autorités du pays.
« Que l’on dise au président la vérité », a-t-il déclaré devant les journalistes.
Le collectif rappelle notamment les appels du chef de l’État en faveur d’un dialogue direct entre les autorités et les populations.
Le collectif annonce qu’il restera mobilisé jusqu’à une issue qu’il souhaite négociée et conforme aux règles en vigueur. De leur côté, les autorités compétentes n’ont, à ce stade, pas encore réagi publiquement aux accusations formulées par les habitants.



