Dépourvus de hauteur de vue et d’objectivité, certains collaborateurs du pouvoir peinent à formuler une parole de vérité. Incapables de produire des analyses lucides et des retours sincères, ils privent le président de la République d’un encadrement administratif à la hauteur des défis nationaux. À la compétence, ils préfèrent la complaisance ; à l’intérêt général, l’autosatisfaction.
Une gouvernance fragilisée par l’encens
Cette posture n’est pas sans conséquences. En entretenant une vision édulcorée de la réalité, ces collaborateurs contribuent, de manière insidieuse, à l’érosion de la cote de popularité du Chef de l’État. Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des lenteurs administratives persistantes, l’absence de conseils francs et responsables affaiblit l’action publique et nourrit la déception des populations.
Une dérive contraire à l’esprit de la Ve République
La Ve République, telle qu’annoncée par les autorités, ne saurait s’accommoder de pratiques héritées d’un autre temps. Elle appelle à une administration rigoureuse, responsable et engagée au service de l’État. Gouverner ne peut se résumer à flatter ; servir l’État exige lucidité, compétence et sens du devoir.
L’épisode Louembé Onguele, un symptôme révélateur
L’affaire Louembé Onguele illustre, une fois de plus, la persistance d’une culture politique fondée sur la flagornerie, l’adoration du chef et la vacuité intellectuelle. Cette logique de dévotion aveugle, souvent confondue avec la loyauté institutionnelle, empêche l’émergence de solutions durables aux crises sectorielles, notamment dans l’éducation nationale.
Sans rupture, pas de redressement
Tant que l’administration publique gabonaise continuera de confondre compétence et dévotion, loyauté et soumission, les réformes tant attendues resteront lettre morte. Le redressement national, maintes fois proclamé, ne pourra se concrétiser sans une rupture claire et assumée avec ces pratiques d’un autre âge.



