Libreville, le 17 Décembre 2025 | Temps de lecture 1 min
Le gouvernement supprime la subvention accordée à la farine dans le projet de loi de finances 2026. Estimée à 2 milliards de FCFA en 2025, cette aide permettait de contenir le prix d’un produit essentiel pour des milliers de ménages gabonais. Dès 2026, la farine pourrait ainsi enregistrer une hausse sensible, dans un contexte marqué par la cherté persistante de la vie.
Alors que l’État prévoit une augmentation de 26 % des dépenses de transferts sociaux, il exclut désormais la farine de la liste des produits bénéficiant d’un soutien budgétaire direct. Ce choix marque un tournant dans la politique de protection du pouvoir d’achat.

Un changement d’orientation économique assumé
Depuis août 2023, sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’exécutif avait mis en place plusieurs mesures pour amortir les effets de l’inflation : encadrement des prix, baisse du gaz butane, mercuriales sur les matériaux de construction. Ces décisions avaient permis de soulager partiellement les ménages.
À l’approche de l’exercice budgétaire 2026, le gouvernement revoit sa stratégie. Il privilégie désormais l’investissement public et la consolidation des finances de l’État, au détriment de certaines subventions à la consommation.

Un encadrement fiscal maintenu, mais insuffisant
La fin de la subvention ne signifie pas une libéralisation totale du prix de la farine. L’État maintient une TVA réduite à 5 %, appliquée également à d’autres produits de première nécessité comme le riz, le lait en poudre, les œufs, la sardine en conserve ou l’huile de fabrication locale. Cette mesure limite partiellement la hausse des prix, sans toutefois compenser l’effet de la suppression de l’aide directe.
Un signal social fort dans un climat fiscal tendu
Dans un contexte marqué par l’instauration de la taxe forfaitaire d’habitation et par une pression fiscale appelée à augmenter de près de 30 %, la suppression de la subvention sur la farine envoie un signal social fort. Le chômage, la cherté du logement et l’érosion du pouvoir d’achat demeurent au cœur des préoccupations des populations.
En lançant sa réforme fiscale, le gouvernement engage sa crédibilité sociale. Il lui revient désormais de concilier rigueur budgétaire et justice sociale, car au-delà des équilibres macroéconomiques, la capacité des ménages à faire face aux dépenses quotidiennes reste un enjeu politique majeur.
Par Mélodie OE




