Libreville, 11 Mars 2026 – chifre.info
lutte contre les irrégularités au sein de l’administration publique gabonaise continue de susciter de nombreuses interrogations. Alors qu’à la fin de l’année 2024 le gouvernement avait évoqué plus de 13 000 cas d’abandons de poste dans la Fonction publique, les données récemment communiquées font désormais état de 1 756 agents concernés. Une différence considérable qui alimente les débats au sein de l’opinion publique.
En octobre 2024, les autorités avaient lancé une vaste opération de recensement physique des agents publics. L’objectif était clair : contraindre chaque fonctionnaire à se présenter afin de justifier sa présence effective à son poste. Cette initiative faisait suite à un audit rendu public quelques semaines plus tôt par la Primature, révélant l’existence de milliers d’agents percevant des salaires sans exercer leurs fonctions.
Cette campagne, présentée comme une étape majeure dans la réforme de l’administration, visait à assainir la masse salariale de l’État et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques. Mais les chiffres récemment révisés soulèvent plusieurs interrogations.
Une révision des chiffres qui suscite des questions
Le contraste entre les deux bilans interpelle. Comment expliquer que le nombre d’agents initialement considérés comme absents ou irréguliers soit passé de plus de 13 000 à 1 756 en l’espace de quelques semaines ?Si certaines situations peuvent s’expliquer par des régularisations administratives, des départs à la retraite, des décès ou encore des justificatifs tardivement présentés, l’ampleur de l’écart continue d’alimenter les interrogations des observateurs de la vie publique.
Pour une partie de l’opinion, cette évolution des chiffres appelle davantage de clarifications de la part des autorités afin de lever toute ambiguïté sur les résultats réels de l’opération d’assainissement de la Fonction publique.
Une attente forte de transparence
Au-delà des chiffres, la question de la gestion des fonds publics demeure centrale. Si certains agents ont perçu des salaires sans occuper effectivement leurs fonctions, la question de l’identification des responsabilités reste posée.Plusieurs voix appellent désormais à la poursuite des investigations afin d’établir clairement les responsabilités et, le cas échéant, d’engager des procédures judiciaires. L’objectif serait de préserver la crédibilité de la réforme engagée par les autorités.
Pour de nombreux jeunes diplômés en attente d’intégration dans la Fonction publique, cette situation représente également un enjeu d’équité. L’assainissement de l’administration pourrait permettre de libérer des postes budgétaires et d’ouvrir davantage d’opportunités à une nouvelle génération désireuse de servir l’État.
La radiation annoncée des 1 756 agents identifiés constitue ainsi une première étape. Reste désormais à mesurer l’ampleur du préjudice financier pour l’État et à déterminer les mesures nécessaires pour garantir que de telles irrégularités ne se reproduisent plus à l’avenir.



