Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de valorisation de son capital naturel. Le programme de conservation « Gabon Infini », estimé à 200 millions de dollars (environ 121 milliards de FCFA), bénéficie désormais d’un appui financier majeur, notamment celui du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos.
Selon des informations relayées par Bloomberg, ce dernier a personnellement contribué à hauteur de 50 millions de dollars à travers son fonds philanthropique dédié à l’environnement. Cette initiative est menée en partenariat avec une organisation internationale de conservation et les autorités gabonaises, dans un montage financier innovant.
Le projet repose sur le mécanisme dit de « Project Finance for Permanence » (PFP), un modèle qui se distingue des financements classiques. Ici, les fonds ne sont pas versés en une seule fois, mais débloqués progressivement sur une période de plus de dix ans, en fonction de l’atteinte d’objectifs précis, notamment sur le plan législatif et environnemental.
L’ambition affichée est considérable. Le programme vise à protéger 30 % des terres, des rivières et des espaces marins du pays d’ici 2030. Cela passe notamment par une gestion renforcée de près de 3,9 millions d’hectares de forêts et la préservation de 18 000 kilomètres de cours d’eau.
Au-delà de l’enjeu écologique, « Gabon Infini » porte également une dimension économique. Les autorités espèrent générer jusqu’à 100 000 emplois verts, en particulier dans les secteurs de l’écotourisme et de l’agriculture durable. Une manière de diversifier l’économie nationale, encore largement dépendante des revenus pétroliers.
Avec un territoire couvert à près de 88 % par des forêts, le Gabon mise sur la monétisation de ses ressources naturelles comme levier de développement. Ce capital écologique représente un potentiel financier estimé à plusieurs milliards de dollars, selon des institutions financières africaines.
Ce projet pourrait ainsi faire du pays un modèle en matière de finance environnementale sur le continent. Toutefois, sa réussite dépendra de la capacité des acteurs impliqués à garantir une mise en œuvre efficace, transparente et durable des engagements pris.



