Libreville, 16 janvier 2026 par Chifre.info
L’introduction d’une contribution carbone dans la Loi de finances 2026 suscite des inquiétudes dans le secteur aérien gabonais. Présentée par les autorités comme un outil de lutte contre le changement climatique, cette taxe pourrait se traduire par une augmentation du prix des billets d’avion au départ et à destination du pays, dans un contexte déjà marqué par des coûts élevés.
Une mesure inscrite dans la transition écologique
Le Gabon s’apprête à instaurer une contribution carbone appliquée aux opérateurs des secteurs aérien et maritime. Inscrite dans la Loi de finances 2026, cette mesure vise à intégrer le coût environnemental des émissions de gaz à effet de serre dans l’activité économique, conformément aux engagements climatiques du pays.
Le dispositif prévoit un prélèvement de 10 700 francs CFA par tonne de CO₂ émis, directement acquitté par les compagnies aériennes opérant des vols internationaux. Certaines exemptions sont toutefois prévues, notamment pour les vols domestiques et la compagnie aérienne nationale.
Des compagnies sous pression fiscale
Dans un secteur aérien déjà confronté à des charges importantes — redevances aéroportuaires, taxes de sûreté, frais de navigation. cette nouvelle contribution alimente les craintes d’un alourdissement des coûts d’exploitation. Les compagnies aériennes estiment généralement que ce type de prélèvement se répercute, à terme, sur le prix payé par les passagers.
Pour les voyageurs gabonais, cette mesure pourrait donc se traduire par des billets encore plus chers, sur des lignes internationales déjà considérées comme coûteuses à l’échelle de l’Afrique centrale.
Un risque pour la connectivité aérienne
Au-delà de la question tarifaire, certains acteurs du secteur redoutent un impact sur la connectivité du pays. La hausse des coûts pourrait inciter certaines compagnies à revoir leurs fréquences ou à ajuster leur présence sur le marché gabonais, jugé peu rentable.
Une telle évolution limiterait l’offre de transport aérien, réduirait la concurrence et compliquerait l’accès du Gabon aux grands hubs régionaux et internationaux.
Le tourisme face à une équation délicate
L’instauration de cette contribution intervient alors que le Gabon cherche à développer son potentiel touristique, notamment autour de l’écotourisme. Or, une augmentation du coût des billets internationaux pourrait freiner l’arrivée de visiteurs étrangers, dans un pays où l’accessibilité reste un enjeu majeur.
Entre impératif environnemental et compétitivité économique, la contribution carbone pose ainsi la question de l’équilibre entre transition écologique et attractivité internationale, un débat qui dépasse largement le cadre gabonais.



