Libreville, 23 janvier 2026
Gabon : le PDG met en garde contre la détention de leaders syndicaux
La crise qui secoue le secteur de l’Éducation nationale, née des revendications liées à la régularisation des situations administratives et au paiement des droits dus aux enseignants, continue d’alimenter le débat public. Dans ce contexte social sensible, le Parti démocratique gabonais (PDG) est sorti de sa réserve.
Dans un communiqué rendu public le 22 janvier 2026, le parti de masse, dont est issue la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a salué les efforts engagés par le gouvernement en vue d’une sortie progressive de crise. Toutefois, le PDG a exprimé de vives préoccupations quant à la détention des leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, estimant que cette situation pourrait compromettre le climat d’apaisement social recherché.
Par la voix de sa porte-parole, Frédérique Eyang Beyeme, le PDG reconnaît sans ambiguïté « le caractère légitime des revendications du corps enseignant », rappelant qu’elles s’inscrivent dans « un cadre juridique garantissant le droit fondamental de grève, conformément à l’article 23 alinéa 3 de la Constitution du 19 décembre 2024 ». Le parti souligne que les revendications, portant notamment sur la régularisation administrative et le paiement des rappels de soldes, traduisent une précarité réelle du secteur éducatif et appellent des réponses « durables, intégrales et définitives ».
La détention des leaders syndicaux, un signal jugé préoccupant
Tout en soutenant les initiatives gouvernementales déjà engagées — notamment la mise en place d’une commission tripartite Éducation–Fonction publique–Budget et la régularisation progressive de plus de 4 000 dossiers sur 6 574 — le PDG appelle à la retenue. « L’emprisonnement des leaders syndicaux n’est jamais de bon augure », avertit le communiqué, estimant que la judiciarisation du conflit pourrait fragiliser les avancées obtenues par le dialogue et la négociation.
Dans le même temps, le parti invite l’ensemble des acteurs à la responsabilité collective, encourageant une reprise effective des cours à la suite de la signature, le 20 janvier 2026, d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants.
Fidèle à sa devise « dialogue, tolérance, paix », le PDG réaffirme que la crise actuelle ne saurait trouver une issue durable par la contrainte ou le boycott. Il appelle à privilégier l’intérêt supérieur de la nation, en protégeant la jeunesse et en garantissant la continuité du service public de l’éducation.



