Libreville, 2 Février 2026 – Chifre.info | temps de lecture 1 min
Le bras de fer entre le gouvernement et le mouvement SOS Éducation se poursuit. En dépit des engagements annoncés par les autorités pour répondre aux revendications des enseignants, le mouvement de grève reste largement suivi, notamment dans la capitale.
Ce lundi matin, une tournée effectuée dans plusieurs établissements scolaires de Libreville a permis de constater une paralysie persistante du système éducatif. Dans de nombreux collèges et écoles publiques, les salles de classe sont restées vides, sans enseignants et, dans certains cas, sans élèves. L’appel à la reprise des cours lancé par le gouvernement n’a donc été que partiellement suivi.
Quelques exceptions ont toutefois été relevées. Au lycée Bessieux, certains enseignants ont repris le chemin des classes, répondant à l’invite des autorités. Une reprise timide, qui contraste avec la situation observée dans la majorité des établissements visités, à l’instar de l’école publique de Martin Oulabou, où aucune activité pédagogique n’a été que partiellement enregistrée.
Les enseignants ayant fait le choix de reprendre les cours justifient leur décision par la nécessité d’éviter une année blanche. Selon eux, cette position s’inscrit dans les recommandations de l’UNESCO, qui appelle les États à tout mettre en œuvre pour garantir la continuité pédagogique et préserver le droit à l’éducation, même en période de crise sociale. Pour ces enseignants, la priorité reste la sauvegarde du calendrier scolaire et l’intérêt des élèves.
De son côté, le mouvement SOS Éducation campe sur sa position. Réuni en assemblée générale le samedi précédent, il a décidé de maintenir la grève. Le mot d’ordre demeure inchangé : « zéro distraction ». Pour le mouvement, toute reprise prématurée des cours sans réponses concrètes aux revendications reviendrait à banaliser des problèmes structurels qui fragilisent durablement le système éducatif.
Au cœur des exigences des grévistes figurent notamment la régularisation des situations administratives, le respect des engagements antérieurs de l’État, ainsi que l’amélioration des conditions de travail et de rémunération. Des revendications jugées légitimes par le mouvement SOS éducation, qui affirme ne pas céder à la pression.
Cette mobilisation prolongée suscite une inquiétude croissante chez les parents d’élèves, alors que l’année scolaire connaît déjà de multiples perturbations. Si le gouvernement assure rester ouvert au dialogue, l’absence d’avancées visibles sur le terrain continue d’alimenter la défiance.
À mesure que les jours passent, cette crise met en lumière les fragilités structurelles du système éducatif gabonais. Sans compromis rapide, le spectre d’une année scolaire durablement affectée demeure une préoccupation majeure.



