Libreville, 11 Février 2026 – Chifre.info
an après la mise en service officielle de la ligne d’interconnexion électrique moyenne tension (20 kV) entre Ebebiyin (Guinée équatoriale) et Bitam (Gabon), les autorités des deux pays ont tenu à clarifier la situation financière du projet, sur fond de rumeurs persistantes évoquant des impayés.
Inaugurée le 25 février 2025 par les présidents Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et Brice Clotaire Oligui Nguema, cette infrastructure énergétique transfrontalière vise à renforcer l’approvisionnement électrique dans le nord du Gabon.
Du 2 au 6 février 2026, une mission du Comité mixte bilatéral s’est réunie à Djibloho, en Guinée équatoriale. Autour de la table : les Directions générales de l’Énergie des deux États, ainsi que les opérateurs nationaux SEEG (Gabon) et SEGESA (Guinée équatoriale). Objectif affiché : évaluer l’état d’avancement du projet, ses conditions d’exploitation et examiner la situation financière liée à la fourniture d’électricité.
À l’issue des travaux, sanctionnés par un procès-verbal signé par l’ensemble des parties, les autorités assurent que la situation financière fait l’objet d’un traitement « rigoureux et concerté ».
Des factures en cours de régularisation
Selon les conclusions de la mission, la société équato-guinéenne SEGESA procédera à la correction d’erreurs relevées sur les factures émises entre août et octobre 2025. Ces ajustements intégreront notamment des retenues liées à certaines prestations de services, conformément aux dispositions contractuelles.
Les factures rectifiées seront transmises à la Direction financière de la SEEG, après validation par le ministère équato-guinéen en charge de l’Électricité, avec copie à la partie technique, dans un souci de transparence.
Un solde réévalué à la baisse
Au 31 janvier 2026, avant intégration des modifications, le montant total facturé s’élevait à 623 millions de F CFA, dont 257 millions déjà réglés, laissant apparaître un reste dû de 365 millions de F CFA.
Après prise en compte des corrections convenues, le montant total facturé est ramené à 505 millions de F CFA. Le montant déjà payé restant inchangé, le solde réel à régler s’établit désormais à près de 248 millions de F CFA.
Les parties ont convenu que dès réception des factures actualisées, incluant les montants définitifs, les références bancaires nominatives et les documents juridiques requis, la SEEG procédera au paiement du solde dans les meilleurs délais.
Vers une montée en puissance de l’approvisionnement
Sur le plan technique, les discussions ont également débouché sur un accord de principe pour une augmentation du plafond énergétique. Conformément à la puissance contractuelle fixée à 8 MW, l’approvisionnement passera de 2 MW à 5 MW à compter du 9 février 2026.
Pour les autorités gabonaises, ces avancées traduisent « la bonne foi » et le respect des engagements contractuels. Elles jugent « inexactes et infondées » les affirmations selon lesquelles le Gabon refuserait d’honorer ses obligations financières.
Dans un contexte régional où les interconnexions électriques sont appelées à se multiplier, Libreville et Malabo réaffirment ainsi leur volonté de préserver un partenariat énergétique stratégique, encadré par des procédures formelles entre États souverains, à l’abri, assurent-elles, des campagnes de désinformation.



