Mark-Alexandre Doumba : sur RFI WhatsApp passe au Gabon

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Libreville, 11 Mars 2026 -chifre.info

question de l’accès aux réseaux sociaux continue de susciter de vives réactions. Alors que plusieurs plateformes du groupe Meta sont restreintes depuis la mi-février, le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, affirme que l’application de messagerie WhatsApp « fonctionne normalement ». Une déclaration qui contraste avec l’expérience de nombreux utilisateurs.

Depuis le 18 février, l’accès aux services du groupe Meta, notamment Facebook et Instagram, est fortement perturbé dans le pays à la suite d’une décision de la Haute Autorité de la communication (HAC). Officiellement, ces restrictions s’inscrivent dans une démarche de régulation du secteur numérique et de renforcement de la souveraineté numérique du Gabon.

Interrogé sur Radio France Internationale (RFI), le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, a toutefois tenu à préciser que WhatsApp n’avait pas été suspendu. « WhatsApp fonctionne normalement », a-t-il assuré, rejetant l’idée d’une coupure ciblée de l’application de messagerie la plus utilisée dans le pays.

Sur le terrain, la perception des usagers est bien différente. Si l’application reste accessible et peut être ouverte sans difficulté, de nombreux utilisateurs affirment que plusieurs fonctionnalités essentielles sont affectées. L’envoi et la réception de contenus multimédias photos, vidéos ou messages vocaux seraient devenus quasi impossibles sans le recours à des réseaux privés virtuels (VPN). Une situation qui ralentit fortement les échanges et perturbe certaines activités professionnelles.

Cette déclaration ministérielle semble également entrer en contradiction avec des propos tenus par la présidence gabonaise. Par la voix de sa porte-parole, Mélodie Sambat, l’exécutif avait évoqué une suspension assumée des produits Meta, incluant Facebook, Instagram et WhatsApp, dans un objectif de régulation du numérique.

Pour le gouvernement, la mesure vise avant tout à combler un vide juridique concernant l’encadrement des grandes plateformes technologiques. « Il était difficile de demander aux partenaires de se conformer à nos valeurs si nous ne disposions pas nous-mêmes d’un référentiel juridique clair », a expliqué Mark-Alexandre Doumba.

En attendant la mise en place de ce cadre réglementaire, l’impact de ces restrictions commence toutefois à se faire sentir. Les petites entreprises, les travailleurs du secteur informel et les créateurs de contenus, très dépendants des réseaux sociaux pour leurs activités, dénoncent un manque de visibilité.

Le ministère de l’Économie numérique a annoncé qu’une étude d’impact économique serait prochainement menée auprès des opérateurs de téléphonie afin d’évaluer les conséquences de cette situation. Mais pour de nombreux usagers, l’incertitude demeure quant à la date d’un retour complet à la normale.

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