Libreville, 3 Février 2026 – Chifre.info
Alors que la grève des enseignants s’enlise au Gabon, les initiatives de médiation se multiplient, sans pour autant dissiper le malaise. Après une première tentative avortée le 29 janvier au palais Léon Mba — qualifiée par plusieurs observateurs d’« opération sans lendemain » — le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye, remet l’ouvrage sur le métier.
Dans un nouveau courrier adressé ce lundi à la plateforme SOS Éducation, le patron de la représentation nationale invite à nouveau les responsables du mouvement à une audience prévue ce mercredi 4 février dans les locaux du Parlement. Une rencontre décisive, alors que SOS Éducation demeure le seul collectif d’enseignants à rejeter les mesures annoncées par le gouvernement pour restaurer la sérénité dans le secteur éducatif.
Reste à savoir si les tenants du mot d’ordre « zéro distraction» accepteront cette fois de franchir les portes de l’Assemblée nationale. Déjà conviés il y a quelques jours par Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye, ils avaient décliné l’invitation, estimant que les conditions d’un dialogue sincère n’étaient pas réunies.
Une convocation plus formelle
Dans ce nouveau courrier, référencé n° 00057/AN/CAB-PAN, le ton se veut plus solennel. Le Bureau de l’Assemblée nationale y exprime sa préoccupation face à « la situation sociale éducative qui prévaut actuellement dans notre pays » et aux conséquences susceptibles de compromettre « une année scolaire régulière pour nos enfants ». L’objectif affiché est clair : engager des échanges sur les revendications des enseignants et des personnels de l’éducation nationale actuellement en grève.
Le Parlement précise également les modalités de cette rencontre, souhaitant une délégation limitée à vingt membres, incluant notamment Simon Ndong Edzo et Marcel Libama, figures emblématiques du mouvement. Ces derniers avaient récemment été interpellés et détenus pendant cinq jours avant d’être libérés sous la pression de leurs pairs, afin de permettre la reprise des discussions avec les autorités.
Le Parlement à l’épreuve
Cette seconde tentative sera-t-elle la bonne ? Les vingt représentants de SOS Éducation sont attendus ce mercredi à 14 heures, à la salle Jonas Ovono Assoumou de l’Assemblée nationale, à Libreville. En filigrane, une question demeure : le Parlement parviendra-t-il à débloquer une crise sur laquelle l’exécutif du président Brice Clotaire Oligui Nguema semble, pour l’heure, buter ?
L’enjeu est d’autant plus crucial que les autorités affirment observer, depuis quelques jours, un recul de la mobilisation enseignante et une reprise progressive des cours. Une lecture que contestent plusieurs acteurs du secteur, pour qui la crise est loin d’avoir livré son dernier acte.



