Faustin-Archange Touadéra a remporté l’élection présidentielle centrafricaine avec 76,15 % des suffrages, selon les résultats proclamés par l’Autorité nationale des élections (ANE). Son principal challenger, Anicet-Georges Dologuélé, a obtenu 14,66 % des voix. Les Centrafricains ont voté le 28 décembre 2025 lors d’un quadruple scrutin — présidentiel, législatif, régional et municipal — marqué par un taux de participation de 52,43 %.
Une victoire contestée par l’opposition
Malgré l’ampleur de son score, Faustin-Archange Touadéra fait face à une contestation immédiate. Anicet-Georges Dologuélé dénonce de graves irrégularités et revendique sa victoire. Le camp présidentiel rejette ces accusations, les qualifie de « fausses » et met en garde contre toute tentative de déstabilisation du pays.
Henri-Marie Dondra, arrivé en troisième position, durcit le ton à son tour. Il appelle à l’annulation des scrutins et accuse l’ANE d’avoir failli à sa mission d’organiser des élections équitables et transparentes.
Des observateurs internationaux rassurants
À l’opposé du discours de l’opposition, les observateurs de l’Union africaine saluent un scrutin « globalement apaisé ». Ils estiment que les autorités ont respecté les procédures légales et institutionnelles. Cette divergence d’appréciation met en lumière la fracture politique profonde qui traverse la Centrafrique, accentuée par le boycott d’une partie de l’opposition, laquelle qualifie les élections de « mascarade ».

La stabilité au cœur du discours présidentiel
Durant la campagne, Faustin-Archange Touadéra s’est présenté comme le garant de la stabilité nationale. Cet argument pèse lourd dans un pays marqué par des décennies de conflits armés, de coups d’État et d’instabilité politique. Le gouvernement affirme aujourd’hui contrôler près de 90 % du territoire national.
Une réalité sociale toujours alarmante
Malgré ce contrôle territorial renforcé, les Centrafricains continuent de vivre dans des conditions précaires. Environ 71 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les ménages subissent le manque de services sociaux de base, un chômage élevé et une hausse constante du coût de la vie.
Une sécurité encore fragile
Les autorités ont sécurisé le processus électoral grâce à des accords de paix conclus avec plusieurs groupes armés et à l’appui de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), ainsi que des paramilitaires russes du groupe Wagner. Toutefois, des tensions persistent dans l’est du pays, notamment le long des frontières avec le Soudan et le Soudan du Sud, où des groupes armés continuent de menacer la stabilité.
Un avenir politique sous haute tension
La réélection de Faustin-Archange Touadéra ouvre une nouvelle phase politique marquée par de lourds défis. Entre attentes sociales pressantes, fragilités économiques et contestations politiques, la Centrafrique se trouve à un tournant décisif. Le pays devra engager une gouvernance plus inclusive et mener des réformes profondes pour espérer bâtir une paix durable et offrir un avenir meilleur à ses 5,5 millions d’habitants.




