Libreville, 22 mars 2026 – chifre.info
Trente-quatre ans après les événements tragiques du 23 mars 1992, la mémoire de Martine Oulabou demeure vivace au sein de la communauté éducative gabonaise. Une cérémonie commémorative est prévue ce lundi dans la capitale, Libreville, afin d’honorer cette figure emblématique de la lutte syndicale, victime de la répression survenue lors des mouvements sociaux du début des années 1990.
À l’initiative de l’Association Réconciliation, cette journée de recueillement se tiendra dans l’enceinte de l’établissement scolaire portant désormais son nom. Les organisateurs annoncent un moment empreint de sobriété et de spiritualité, marqué par des témoignages, des prières et des messages axés sur le devoir de mémoire.
Le 23 mars 1992 reste gravé comme une date sombre de l’histoire sociale du Gabon. Ce jour-là, une mobilisation pacifique des enseignants, réclamant de meilleures conditions de travail, avait été violemment dispersée par les forces de l’ordre sous le régime de Omar Bongo. C’est au cours de cette intervention que Martine Oulabou a perdu la vie, touchée par un tir de balle en caoutchouc.
Au-delà du drame, ses anciens collègues et proches saluent le parcours d’une éducatrice engagée, reconnue pour son dévouement à la formation de la jeunesse et pour ses valeurs humaines. Son souvenir reste étroitement lié aux revendications pour une école plus juste et mieux encadrée.
Pour les organisateurs, cette commémoration s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche de vérité, de justice et de réconciliation nationale. Elle vise également à rappeler la nécessité de tirer les leçons du passé afin de consolider les acquis démocratiques du pays.
La cérémonie débutera à 15h30. Les participants sont invités à se vêtir de blanc et à se munir d’une bougie, symbole de lumière et d’espérance, pour rendre un hommage digne à celle qui demeure, pour beaucoup, un symbole du combat pour la dignité du corps enseignant gabonais.



