Libreville, 2 Mars 2026 – chifre.info
différend banal autour de 500 francs CFA a viré au drame. Paulin Nkoume, étudiant contraint de travailler comme chargeur à la gare routière du PK8 pour subvenir à ses besoins en attendant le paiement de sa bourse, a perdu la vie dans une altercation d’une rare violence.
Selon des témoignages recueillis sur place, tout serait parti d’une cliente qui connaissait le jeune homme. Elle lui aurait demandé de charger ses bagages dans son véhicule. Un autre chargeur, également connu de la dame, n’aurait pas supporté de voir Paulin sollicité à sa place. Un sentiment de jalousie serait alors à l’origine d’une vive dispute.
L’altercation dégénère rapidement. Le collègue, décrit comme le plus agressif, porte le premier coup. Une bagarre éclate entre les deux hommes. Paulin Nkoume aurait momentanément pris le dessus, avant que des passants n’interviennent pour les séparer. L’incident semblait clos.
Mais quelques minutes plus tard, le présumé agresseur revient, animé par la colère. Profitant d’un moment d’inattention de l’étudiant, il l’attaque par surprise et lui assène plusieurs coups de couteau — cinq selon des témoins. L’un des coups, porté à la gorge, s’avère fatal. Transporté en urgence à l’hôpital militaire de Libreville, Paulin Nkoume succombera malheureusement à ses blessures.
Un drame qui soulève une fois de plus la question de la précarité étudiante et des conditions sociales difficiles dans lesquelles de nombreux jeunes tentent de survivre.
Ce drame relance les interrogations sur la gestion des bourses étudiantes et la responsabilité des autorités. Alors que le régime de transition s’est engagé à restaurer la dignité des Gabonais à travers des emplois décents et des services publics efficaces, les retards persistants de l’ANBG continuent d’exposer les étudiants à des situations de survie extrêmes.
Au fil des années, le paiement tardif des bourses semble s’être installé comme une norme. Ni la direction générale de l’agence ni les plus hautes autorités ne communiquent clairement sur ces dysfonctionnements. Conséquence directe : les étudiants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Et parfois, cette débrouillardise forcée conduit au pire.
Reste désormais à savoir si ce décès servira d’électrochoc. Sans réforme structurelle et un retour à des paiements réguliers et prévisibles, d’autres jeunes pourraient, à leur tour, payer le prix d’un système défaillant.



