Libreville, 12 Mai 2026 – CHIFRE.INFO
À LIBREVILLE, la tension politique et judiciaire est montée d’un cran ce mardi 12 mai 2026. L’ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze comparaît devant la chambre d’accusation de Libreville, dans une affaire devenue hautement sensible dans le paysage politique gabonais de l’après-transition.
Près d’un mois après son interpellation, l’ancien chef du gouvernement joue une étape décisive de sa bataille judiciaire. La juridiction d’appel doit examiner deux recours introduits par ses avocats : l’un contre son placement sous mandat de dépôt, l’autre contre le refus de sa mise en liberté provisoire.
L’enjeu est désormais clair : savoir si l’opposant pourra comparaître libre en attendant son procès ou s’il restera en détention.
Une audience sous haute portée politiqueLe dossier dépasse largement le cadre d’une simple procédure pénale. Ancien candidat à la présidentielle de 2025 et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), Bilie-By-Nze reste l’une des principales figures de l’opposition dans un contexte politique encore marqué par les recompositions institutionnelles issues de la transition.
Le report de l’audience initialement prévue le 8 mai avait déjà renforcé les spéculations autour de cette affaire. Depuis, l’attente s’est intensifiée aussi bien dans les milieux politiques que judiciaires.
Pour la défense, cette procédure soulève avant tout une question de respect des garanties fondamentales du droit. « Nous avons formé ces appels pour obtenir la libération de notre client », a déclaré Maître Gisèle Eyue Bekalé, membre du collectif d’avocats. Les conseils de l’ancien Premier ministre rappellent que, selon les principes du droit pénal, la liberté demeure la règle et la détention l’exception.
Une affaire ancienne relancéeAu cœur du dossier, la justice gabonaise reproche à Bilie-By-Nze des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance portant sur cinq millions de francs CFA. Les faits remontent à 2008 et concernent l’organisation de la Fête des cultures.
Une plainte avait été déposée par une citoyenne gabonaise qui accuse l’ancien responsable politique de ne pas avoir remboursé des fonds engagés dans l’événement.
Si les autorités judiciaires assurent agir dans le strict respect de l’indépendance de la justice, une partie de l’opposition estime que cette affaire intervient dans un climat politique particulièrement sensible et pourrait avoir une résonance dépassant le simple cadre judiciaire.
Un test pour la justice gabonaiseLa décision attendue ce mardi est observée comme un véritable test institutionnel. Au-delà du cas personnel de Bilie-By-Nze, elle pourrait envoyer un signal fort sur les rapports entre justice, opposition et pouvoir dans le Gabon post-transition.
À Libreville, tous les regards restent désormais tournés vers la chambre d’accusation. Dans les prochaines heures, les magistrats devront trancher : accorder une liberté provisoire à l’ancien Premier ministre ou confirmer son maintien en détention jusqu’à l’ouverture d’un procès dont la date reste inconnue.



