Libreville, 13 Mai 2026 – CHIFRE.INFO
Le climat social se dégrade dangereusement au sein de TotalEnergies EP Gabon. Réunis en assemblée générale décisionnelle le 5 mai 2026, les salariés de la filiale pétrolière ont validé une plateforme revendicative de trente-deux points et fixé un ultimatum à la direction générale. À défaut d’avancées concrètes d’ici le 20 mai, un préavis de grève devrait être déposé le 21 mai prochain.
Selon les représentants du personnel, cette montée de tension trouve son origine dans plusieurs manquements présumés aux dispositions du Code du travail, du Code de la sécurité sociale ainsi qu’aux engagements internes de l’entreprise. Les délégués dénoncent notamment une accumulation « d’irrégularités persistantes » dans la gestion des droits sociaux des employés.
Au cœur des revendications figure le dossier sensible de la retraite complémentaire. Les salariés estiment que certaines indemnités seraient exclues du calcul des cotisations depuis 2008, entraînant une minoration des droits des employés concernés. Ils pointent également la non-application de l’article 225 du Code du travail relatif au paiement des allocations de congés payés.
Dans un courrier adressé le 6 mai au directeur général, Xavier Rouzeaud, les délégués du personnel accusent l’entreprise de ne pas respecter plusieurs référentiels réglementaires applicables au secteur.
Une liste de revendications à fort impact financier
La plateforme adoptée par les salariés couvre à la fois des questions salariales, sociales et de gouvernance interne. Parmi les principales exigences figurent : l’application rétroactive du protocole sur la retraite complémentaire ; le rachat intégral des jours de repos compensateurs sur la paie de mai 2026 ; le versement d’un supplément d’intéressement lié à certaines cessions d’actifs ; la régularisation des assiettes de cotisation à la CNSS ; davantage de transparence dans la gestion des avantages sociaux.
Les représentants du personnel affirment privilégier la voie du dialogue, mais préviennent que « la base est à bout ». Sur les 90 salariés ayant pris part à l’assemblée générale, 61 ont voté en faveur de la feuille de route conduisant à une possible grève.
Un risque de perturbation pour le secteur pétrolier
Si aucun compromis n’est trouvé dans les prochains jours, le conflit pourrait déboucher sur une perturbation des activités de production dès la fin du mois de mai. Dans un contexte où le secteur pétrolier reste stratégique pour l’économie gabonaise, une grève au sein de TotalEnergies EP Gabon pourrait avoir des répercussions importantes sur la chaîne opérationnelle et sur le climat social dans l’industrie extractive.
Les prochains échanges entre la direction et les partenaires sociaux seront donc déterminants pour éviter une épreuve de force ouverte.



