Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa politique de valorisation de ses ressources minières. L’État gabonais et le groupe Eramet ont signé, lundi 20 juillet 2026 à Paris, un protocole d’accord destiné à accélérer la transformation locale du manganèse. La signature est intervenue en présence du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de son homologue français, Emmanuel Macron.
À travers ce partenariat, les deux parties affichent une ambition commune : faire du manganèse un véritable levier d’industrialisation, de création de valeur ajoutée et d’emplois durables au Gabon. L’accord prévoit une feuille de route visant à renforcer les capacités nationales de transformation de cette ressource stratégique, devenue incontournable pour les industries de la transition énergétique.

Déjà implanté dans le pays avec le Complexe industriel de Moanda depuis 2000 et le Complexe métallurgique de Moanda depuis 2015, Eramet Comilog envisage une nouvelle montée en puissance. Trois scénarios industriels sont actuellement à l’étude afin de porter la capacité de transformation locale à 700 000 tonnes de minerai de manganèse par an d’ici à la fin de l’année 2031.
La réussite de ce projet dépend toutefois de plusieurs facteurs, notamment de la disponibilité d’une énergie compétitive et fiable. Pour assurer le suivi des engagements, un comité de pilotage réunissant l’État gabonais, Eramet et Eramet Comilog sera mis en place. Cette instance se réunira chaque trimestre afin d’évaluer l’avancement des études techniques, de suivre les investissements et de garantir la viabilité économique des projets.
Le partenariat intègre également une dimension environnementale avec le développement d’une filière locale de biocharbon destinée à accompagner la décarbonation des activités industrielles. Un four pilote fonctionne déjà à Lastourville en partenariat avec Precious Woods, tandis qu’une unité de production d’une capacité de 10 000 tonnes par an est envisagée à l’horizon 2029.

Sur le plan économique, l’accord prévoit la création d’un fonds d’amorçage baptisé « Fabriqué au Gabon ». Ce mécanisme a pour objectif de soutenir les entreprises locales, de renforcer la sous-traitance industrielle et de favoriser l’émergence d’un tissu industriel national. À terme, cette initiative pourrait générer près de 3 000 emplois et accroître la contribution du secteur industriel à l’économie gabonaise.
Pour la présidente-directrice générale d’Eramet, Christel Bories, ce protocole traduit la volonté du groupe d’accompagner durablement la stratégie industrielle du Gabon. Elle souligne que cette feuille de route est le résultat de plusieurs mois de travail conjoint entre les équipes d’Eramet et les autorités gabonaises, autour d’études techniques approfondies et d’un cadre de coopération clairement défini.
En misant sur la transformation locale du manganèse, le Gabon confirme sa volonté de réduire l’exportation de matières premières brutes, de développer une industrie à forte valeur ajoutée et de consolider sa souveraineté économique. Ce partenariat avec Eramet s’inscrit dans la stratégie des autorités visant à faire des ressources minières un moteur durable de croissance et de développement industriel.



