le CNOM appelle à l’apaisement après le décès d’une femme enceinte et la détention d’une médecin résidente

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Libreville. 12 Aout 2026 – chifre.info

Après le décès d’une femme enceinte et de son bébé à naître, suivi du placement en détention d’une jeune médecin résidente en gynécologie-obstétrique et du mouvement de grève des médecins résidents, le Conseil national de l’Ordre des médecins du Gabon (CNOM) appelle à l’apaisement. Dans un communiqué publié le 10 août 2026, l’institution plaide pour le respect de la procédure judiciaire tout en réclamant une réforme du statut des médecins en spécialisation.

Le CNOM exprime d’abord sa compassion à l’égard de la famille endeuillée, tout en rappelant qu’un décès survenu au cours d’une prise en charge médicale ne constitue pas, à lui seul, la preuve d’une faute professionnelle. Selon l’Ordre, les responsabilités doivent être établies à partir d’une expertise médicale contradictoire et collégiale, prenant en compte plusieurs éléments : l’état de santé initial de la patiente, le contexte d’urgence, le niveau de formation de la résidente, son degré d’autonomie, la supervision dont elle bénéficiait ainsi que les moyens humains, techniques et transfusionnels disponibles au moment des faits.

Sur le plan judiciaire, le CNOM réaffirme que les médecins sont soumis à la loi comme tout citoyen. Toutefois, l’institution sollicite un réexamen des conditions de détention de la jeune praticienne et évoque la possibilité d’une mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Une telle mesure, estime-t-elle, permettrait de poursuivre sereinement les investigations tout en garantissant les droits de la famille de la victime. Parallèlement, l’Ordre invite les médecins résidents à reprendre leurs activités afin d’assurer la continuité des soins, notamment dans les services d’urgences et de maternité.

Au-delà de cette affaire, le CNOM met en évidence les insuffisances du cadre juridique encadrant les médecins résidents. Bien qu’ils soient titulaires d’un doctorat en médecine et amenés à assurer des gardes, réaliser des actes chirurgicaux, prescrire des traitements ou prendre des décisions médicales, leur statut demeure insuffisamment défini. L’Ordre estime que cette situation crée une insécurité juridique aussi bien pour les praticiens que pour les patients.

Pour remédier à cette situation, le Conseil national de l’Ordre des médecins propose une réforme législative et réglementaire visant à préciser le statut du médecin en spécialisation, les actes qu’il est autorisé à accomplir, les modalités de supervision par les médecins seniors ainsi que les responsabilités des établissements hospitaliers. Il recommande également un meilleur encadrement des contrats, de la rémunération, des temps de repos, de la couverture sociale et de l’assurance professionnelle.

Le CNOM suggère en outre que les procédures judiciaires impliquant des actes médicaux s’appuient systématiquement sur l’avis d’un représentant de l’Ordre et d’un spécialiste du domaine concerné. Une proposition qui alimente déjà le débat entre la nécessité d’une expertise médicale indépendante et le respect de l’autonomie de la justice.

Pour le Conseil national de l’Ordre des médecins, cette crise ne fait aucun gagnant. Entre une famille frappée par un drame, une jeune médecin placée en détention et des services hospitaliers perturbés par la grève, cette affaire met en lumière l’urgence de renforcer la sécurité des patientes tout en améliorant les conditions d’exercice des professionnels de santé au Gabon.

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