Libreville, 6 Mai 2026 – CHIFRE.INFO
Gabon passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de souveraineté alimentaire. Mardi 5 mai 2026, le gouvernement a franchi un cap décisif en officialisant cinq accords d’investissement structurants dans la filière avicole, pour un montant global estimé à plus de 775 milliards FCFA.
Portée conjointement par les ministères de l’Agriculture et de l’Économie, cette offensive vise un objectif clair : couvrir intégralement la demande nationale en poulet avant l’entrée en vigueur, en 2027, de l’interdiction des importations.
Au cœur de ce dispositif, plusieurs projets d’envergure portés par des investisseurs internationaux. Le groupe turc Hakan Kiran Holding prévoit l’implantation d’une ferme intégrée à Ntoum, avec une capacité initiale de 60 000 tonnes par an, extensible à 100 000 tonnes. Une production qui dépasse les besoins domestiques et ouvre la voie à des ambitions exportatrices.
Dans le nord du pays, à Oyem, le consortium NJS / AVI Gabon injectera 10 milliards FCFA dans une ferme couplée à une unité de fabrication d’aliments pour volailles. Le projet met l’accent sur la formation locale et le transfert de compétences, levier clé pour structurer durablement la filière.
De leur côté, des investisseurs chinois, menés par l’Association Agricole Chinoise pour les Échanges Internationaux, annoncent un engagement massif de 155 milliards FCFA pour développer des infrastructures agro-industrielles. D’autres initiatives complémentaires sont également évoquées, dont une ferme de très grande capacité pouvant atteindre 30 millions de têtes.
À terme, l’ensemble de ces projets devrait permettre au Gabon de dépasser une production annuelle de 125 000 tonnes, seuil jugé suffisant pour assurer l’autosuffisance nationale.
Au-delà de la réduction des importations, les autorités misent sur un effet d’entraînement économique : création d’emplois, structuration d’une chaîne de valeur locale et montée en compétences des acteurs nationaux.
Pour Libreville, le message est clair : la souveraineté alimentaire ne relève plus du discours, mais d’investissements concrets et massifs.



