Libreville, 20 Avril 2026 – chifre.info
Le climat reste particulièrement tendu à la mairie centrale de Libreville autour du maire Pierre Matthieu Obame Etoughe. Contesté sur plusieurs fronts, l’édile fait face à une opposition grandissante, alors même que plusieurs de ses décisions visaient, selon ses soutiens, à assainir la gestion municipale et à mettre fin à certains privilèges installés depuis des années.
Dès son arrivée à la tête de la municipalité, le maire a lancé un audit interne afin d’évaluer la situation administrative et financière de l’institution. Cet examen aurait permis de mettre en lumière l’existence de nombreux agents rémunérés par la mairie sans y exercer effectivement leurs fonctions. Plus grave encore, certaines personnes, présentées comme des proches ou parents d’anciens responsables municipaux, percevaient des salaires sans avoir le statut réel d’agents municipaux.
Face à ces irrégularités, Pierre Matthieu Obame Etoughe aurait décidé d’y mettre un terme, engageant une vaste opération de nettoyage administratif. Une démarche qui, selon plusieurs observateurs, lui aurait rapidement attiré de puissantes inimitiés au sein du système municipal.
Le maire aurait également supprimé plusieurs conventions jugées peu avantageuses pour la mairie centrale. Officiellement peu rentables pour les finances publiques, ces accords auraient en revanche profité financièrement à certains membres influents de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), alimentant ainsi des tensions politiques internes.
Autre source de crispation : le refus du maire de cautionner certains circuits informels de revenus liés à la gestion municipale. Selon des indiscrétions, son opposition à certaines pratiques lui aurait valu d’être qualifié de manière moqueuse de « peigne afro », expression utilisée pour désigner quelqu’un jugé trop rigide ou peu coopératif face aux arrangements habituels.
Le cas du marché de Mont-Bouët, principal centre commercial de Libreville, illustre également cette volonté de rupture. À son arrivée, plusieurs zones du marché échapperaient au paiement officiel des taxes municipales, tandis que des recettes parallèles auraient été captées par des réseaux proches du pouvoir. Le maire aurait décidé de mettre fin à ce désordre en exigeant que l’ensemble des recettes soit désormais reversé dans les caisses municipales.
Parallèlement à ces réformes, Pierre Matthieu Obame Etoughe reste critiqué pour sa gestion budgétaire. Le rejet massif du budget 2026 par le conseil municipal, avec 142 voix contre sur 145 conseillers présents, a marqué un tournant politique majeur et mis en évidence la profondeur du malaise.
Pour ses partisans, cette fronde ne serait pas uniquement liée à la gouvernance du maire, mais aussi à sa volonté de fermer certains robinets financiers et de remettre en cause des intérêts établis. Pour ses adversaires, en revanche, sa méthode jugée solitaire et autoritaire expliquerait son isolement progressif.
Derrière la bataille institutionnelle, c’est donc un affrontement entre logique de réforme et défense d’intérêts anciens qui semble se jouer à la mairie centrale de Libreville.



