Réseaux sociaux suspendus au Gabon : ce que Meta a dit à la HAC

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En marge de la conférence internationale « Abidjan 2 », consacrée à la régulation de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) du Gabon, Germain Ngoyo Moussavou, a échangé avec des responsables de Meta. Au centre des discussions : la suspension des réseaux sociaux dans le pays et les perspectives d’un encadrement juridique renforcé de l’espace numérique.

Réunis du 1er au 3 juin à Abidjan, en Côte d’Ivoire, régulateurs africains, experts du numérique et représentants des grandes plateformes technologiques ont débattu des défis liés à l’intelligence artificielle, à la modération des contenus et à la gouvernance du numérique. Cette rencontre, organisée par le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) et le Réseau Francophone des Régulateurs des Médias (REFRAM), intervient dans un contexte de montée en puissance des enjeux liés à la souveraineté numérique sur le continent.

À cette occasion, Germain Ngoyo Moussavou a rencontré Balkissa Idé Siddo, directrice des politiques publiques de Meta pour l’Afrique subsaharienne, accompagnée de Serge Mbengue, représentant de l’entreprise pour l’Afrique de l’Ouest. Selon un communiqué de la HAC, les échanges ont principalement porté sur la suspension des réseaux sociaux au Gabon, une mesure décidée par les autorités gabonaises et qui continue d’alimenter le débat sur l’équilibre entre sécurité publique et liberté d’expression.

Meta a indiqué prendre acte de cette « décision souveraine » de l’État gabonais, tout en affirmant comprendre les préoccupations avancées par les autorités. Le groupe américain a également assuré suivre avec attention les travaux engagés par le Gabon en vue de renforcer le cadre réglementaire applicable aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques.Si l’entreprise a plaidé pour une levée de la mesure actuellement en vigueur, elle a également exprimé sa volonté de maintenir un dialogue étroit avec le régulateur gabonais. L’objectif, selon Meta, est de renforcer la coopération en matière de modération des contenus liés au Gabon et d’améliorer les mécanismes de prévention contre les abus observés sur les plateformes.

Au-delà du cas gabonais, la conférence « Abidjan 2 » a mis en lumière les ambitions croissantes des États africains en matière de gouvernance numérique. Les participants ont adopté une déclaration finale appelant notamment au renforcement des capacités des autorités de régulation, à l’élaboration de cadres juridiques adaptés aux défis posés par l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux, ainsi qu’à une meilleure intégration des langues africaines dans les technologies numériques.

Cette rencontre entre la HAC et Meta illustre ainsi une tendance de fond : celle d’une Afrique qui cherche à affirmer sa souveraineté numérique tout en préservant le dialogue avec les grandes entreprises mondiales du secteur technologique.

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