AGASA : La vente de lait caillé, jus de Bissap et gingembre interdit

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Libreville, 6 Mai 2026 – CHIFRE.INFO

L’information a l’effet d’un coup de tonnerre dans le secteur informel alimentaire. Lundi, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire a annoncé l’interdiction immédiate de la vente de trois produits populaires : le lait caillé, le gingembre et le bissap. En cause, des manquements graves aux normes sanitaires exigées par la réglementation en vigueur.

Derrière cette décision, un constat préoccupant. Selon l’AGASA, les conditions de fabrication, de conservation et de distribution de ces boissons et produits fermentés ne garantissent pas la sécurité des consommateurs. Absence de chaîne de froid, manipulation dans des environnements non contrôlés, eau de qualité douteuse : autant de facteurs qui exposent la population à des risques sanitaires réels, notamment des infections digestives.

Mais cette interdiction ne se veut pas uniquement répressive. Elle marque aussi un tournant vers la formalisation d’un secteur largement dominé par l’informel. Désormais, tout commerçant souhaitant vendre ces produits devra se conformer à une feuille de route stricte délivrée par l’AGASA. Cette dernière impose des exigences précises : hygiène des lieux de production, traçabilité des ingrédients, formation minimale aux bonnes pratiques sanitaires, et parfois même un encadrement technique.

Sur le plan économique, la mesure risque de fragiliser à court terme de nombreux petits vendeurs, pour qui ces activités constituent une source essentielle de revenus. Cependant, à moyen et long terme, elle pourrait contribuer à professionnaliser la filière, améliorer la qualité des produits et renforcer la confiance des consommateurs.

L’enjeu est donc double : protéger la santé publique sans étouffer l’économie informelle. Le défi pour les autorités sera d’accompagner cette transition, notamment par des formations accessibles, des contrôles pédagogiques et, idéalement, des mécanismes de soutien financier.

Car au-delà de l’interdiction, c’est toute une culture alimentaire qui est concernée. Le bissap, le gingembre ou le lait caillé ne sont pas de simples produits : ils font partie du quotidien, des habitudes et de l’identité locale. Réguler, oui — mais sans dénaturer.
Reste à voir si cette réforme sera appliquée avec rigueur… et souplesse.

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